Dégustation : La Jenlain Ambrée

En cette période chaude de l’année, il est temps de commencer les dégustations de bières dignes d’intérêt. Avant de commencer la présentation de cette première bière, il est important de souligner que les goûts, les odeurs et même les couleurs sont des notions très subjectives qui peuvent varier énormément d’une personne à l’autre. Les caractéristiques qui me permettent de qualifier une bière de « bonne » seront peut être celles qui la classeront chez les « sans intérêt » voire « tout à l’évier » chez d’autres. L’intérêt des dégustations progressives et approfondies est justement de déterminer les caractéristiques qui nous plaisent ou non dans telle ou telle bière (c’est bien évidemment la même chose pour le vin et tout autre boisson ou met). Mes choix en matière de bières présentées ici rejoindront le plus souvent mes goûts (ben oui, je n’ai pas envie de déguster d’avaler de la 33 Export pour vos beaux yeux) mais j’essayerai de varier un peu les styles pour que chacun puisse y trouver son compte.

Ceci étant dit, commençons la dégustation de notre Jenlain Ambrée. Pourquoi celle-là, me direz vous très justement. Et bien parce que c’est une des rares bières buvables dignes d’intérêt que vous pourrez trouver à peu près partout en France dans votre supermarché.

Avant, pendant ou après la dégustation, il est  indispensable de se renseigner sur la provenance de la bière, son pays et surtout sa brasserie. Il s’agit ici d’une bière française brassée dans la Brasserie Duyck implantée à Jenlain (à côté de Valenciennes). Sur leur magnifique site internet on peut lire que la brasserie Duyck existe depuis 1922, créée par le grand père Félix de l’actuel directeur Raymond. Sans énoncer toutes les péripéties, c’est une belle brasserie familiale du Nord qui a bien réussi sa transition de l’économie locale vers l’économie nationale. Avec 75 000 hectolitres par an , la brasserie Duyck a depuis longtemps dépassé les caractéristiques d’une petite brasserie artisanale (la Brasserie Thiriez, ma référence nordique, est à 850 hl/an) mais elle a eu le grand mérite de ne pas laisser ses bières se conformer au standard des bières industrielles. Le caractère encore très familial de la brasserie y contribue sans doute fortement.

Malgré un temps de garde (repos de la bière après fermentation) raccourci au fil des ans et une industrialisation très importante de son processus de fabrication, la Jenlain (surtout l’ambrée) garde un côté original et rustique et des caractéristiques intéressantes pour la dégustation. En résumé, la brasserie Duyck est une des rares brasseries industrielles qui produit encore des bières sympathiques.

Passons maintenant à la dégustation proprement dite. Première étape : la couleur. Ici, le nom « ambrée » donné à la bière est bien mérité. Une superbe couleur ambre, mélange subtil d’orange, de marron clair et de rouge. Avec les reflets du verre, on voit presque un coucher de soleil ou des braises qui s’éteignent doucement…

Deuxième étape : la mousse. Ici pas grand chose à dire, une mousse blanche tendant parfois sur le jaune pâle composée de moyennes et de fines bulles quand on verse la bière. L’étiquette nous annonce fièrement une mousse « persistante » mais au bout de 10s il n’y a plus grand chose, même en agitant , c’est vrai que le verre influe un peu, mais bon. Il faut toujours se méfier des étiquettes surtout pour la bière…

Troisième étape : le nez. C’est essentiellement pour cette phase que j’utilise un verre à Cognac qui permet une meilleure concentration des parfums, mais tous les verres qui se referment (style Duvel) fonctionnent plutôt bien. Pour cette bière, le nez est d’abord bien marqué par l’alcool, pour une bière de garde à 7,5° c’est assez logique. Ensuite, j’y ai trouvé une légère acidité rappelant le zeste de citron. Enfin, en agitant le verre, on peut faire ressortir un côté plus « grains grillés » et quelques effluves d’amande amère.

Après toutes ces étapes on peut enfin se lancer dans la plus intéressante : la bouche. Et là pas question de recracher comme nos amis les oenologues… En première bouche (début), on a quelque chose d’assez acide rappelant presque du Champagne qui évolue ensuite vers des fruits d’automne comme la pomme ou la prune (je suis d’accord avec l’étiquette là). Progressivement, un certaine douceur (sucre) s’installe même au fond de la bouche. Ce n’est qu’après l’avoir avalée que la Jeanlain révèle une amertume forte et très persistante agrémentée d’un peu de céréales grillées.

Pour l’utilisation, c’est une bière qui convient très bien pour un apéro ou un retour de randonnée pendant l’été. Pour un repas je la conseillerais plutôt avec un fromage ou une viande en sauce assez forte en goût, l’amertume risquant de masquer des saveurs plus légères comme des poissons ou des desserts. Elle cuit aussi très bien si vous voulez l’utiliser pour une sauce.

Alors, la prochaine fois laissez de côté la Kro et même la Leffe, prenez une Jenlain ! Non, non, je ne suis pas sponsorisé… 🙂

Publicités

A propos legambrinus

Buveur de bière extrémiste, Optimiste intégriste, Terroriste Papiste... et plus si affinité
Cet article, publié dans Bière, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Dégustation : La Jenlain Ambrée

  1. Muzart dit :

    IMPOSSIBLE DE TROUVER DE LA jENLAIN A MONTPELLIER ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s