Zut ! Qu’est ce que j’ai fait de ma joie ?

J’étais sacrément enthousiaste (et je le suis toujours d’ailleurs…) : rassembler des chrétiens de toutes sensibilités et même d’Eglises différentes c’était quand même une sacrée idée pour ces Etats Généraux du Christianisme. Le nom sonne un peu révolutionnaire mais mon côté rebelle et indépendant apprécie ce genre de provocation. Je dois avouer que mes bons préjugés sur La Vie (vous savez ce journal hérétique et affreusement progressiste) ont volé en éclats au fur et à mesure de mes lectures sur leur site et de la préparation de cet évènement sur internet. Oui ma petite dame, même La Vie c’est plus ce que c’était, mais dans le « bon » sens (notion très subjective il paraît) cette fois-ci. Dans l’emballement de mon optimisme indomptable, j’imaginais déjà ce week-end béni où tout le monde se mettrait enfin à reconnaître ses fermetures et ses idées toutes faites et à décider une bonne fois pour toutes d’agir ensemble au lieu de rester dans une logique stérile d’opposition. Bref, c’était l’évènement de l’année où on allait voir des paroles et des gestes qui engagent résolument l’Eglise de France dans un processus d’unité à la fois interne et externe : le fruit de tant de prières, du pape au simple fidèle que je suis, s’étalerait devant nos yeux comme le plus beau des panoramas. La mauvaise nouvelle c’est que ça n’était pas tout à fait ça, la bonne c’est que je vais pouvoir continuer à prier avec le pape.

Vous vous en doutiez (pas moi) mais la grande majorité public présent à la Catho de Lille n’avait pas vraiment le profil du jeune catholique décomplexé, c’était même pour certains le parfait « complémentaire » au sens mathématique du terme. Je ne m’étendrai pas sur ce fossé entre ma génération et la leur, d’autres blogueurs beaucoup plus talentueux que moi l’ont déjà fait (dans l’ordre chronologique et avec leur style unique : Henry le Barde, Nystagamus et Edmond prochain parmi tant d’autres…). Mais il y a quelque chose qui ne m’a marqué qu’après coup, une idée qui est venue petit à petit habiter mon esprit : Où était la joie ? Et cette questionne ne concerne pas uniquement les états généraux du christianisme et ses centaines de participants, elle nous concerne tous : Où est donc notre joie ?

Au milieu des crises multiples, des adversités et même au sein de nos sempiternelles disputes de clochers, n’y a-t-il pas quelque chose de prophétique à montrer et à dire notre joie d’être aimé, de croire et d’espérer ? Pourquoi les catholiques seraient obligés de tomber dans la sinistrose qui joue maintenant le rôle de diplôme de réalisme ? Tu veux être réaliste ? Sois sinistre mon fils ! C’est peut-être ça qui m’a le plus marqué dans ces débats lillois : les pessimistes, les râleurs et les cyniques obtenaient une grande adhésion du public tandis que les trop rares paisibles, souriants ou bons blagueurs étaient plutôt considérés comme des illuminés bien trop légers pour être écoutés. Ce qui est assez surprenant c’est que ces mêmes personnes qui discutent et protestent si gravement sont celles qui vous « proposent » une liturgie de kermesse pour soit disant « dépoussiérer ces vieilleries » (voir à ce sujet le très bon article du chafouin) ou qui accusent le Vatican d’être grincheux et austère. Personnellement, ce n’est pas vraiment ce que j’ai vu à Rome et un petit tour sur les vidéos du pape (par ici par exemple ) vous montrera que le pape et son entourage ne se sentent pas obligés de tirer la tronche pour paraître crédibles.

Oui, le monde a besoin de notre joie et pas seulement dans les grands moments de notre vie. C’est la joie quotidienne et profonde, indépendante des aléas de la vie, qui questionne et attire ceux qui se sentent condamnés à la tristesse et au désespoir. Combien de fois ai-je été marqué par ces personnes frappées par de grandes épreuves et dont le sourire avait alors un soupçon de surnaturel comme un rayon de soleil qui suffit à redonner lumière et chaleur à une pièce sombre.

Alors, n’attendons pas les grands malheurs pour faire briller notre joie, commençons dès maintenant, en cette saison où la grisaille envahit le ciel et les esprits. Comme le dit si bien Edmond Prochain : « Souriez, vous êtes aimés ! »

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A propos legambrinus

Buveur de bière extrémiste, Optimiste intégriste, Terroriste Papiste... et plus si affinité
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5 commentaires pour Zut ! Qu’est ce que j’ai fait de ma joie ?

  1. Nan, je proteste : citation tronquée !
    Moi, ce que dis, c’est : « Soyez beaux et souriez, vous êtes aimés ! » Pourquoi retirer cette magnifique première proposition ? 😉

  2. do dit :

    ben je reviens du Mac Do où j’étais avec un de mes groupes de prière , et je confirme, la joie, c’est vraiment la marque des chrétiens.

    Comme me le disait une dame qui avait travaillé toute sa vie au tribunal de Lyon, « le diable ne rit pas »: les vrais méchants, ils rigolent jamais, ils ont toujours une tronche hyper sérieuse. ça m’avait marquée.

    bon, c’est pas tout, ça, mais il faut que je m’y mette moi aussi, et je sais pas comment…

    • Azaïs dit :

      Bonjour,

      J’aime bien ce thème de la joie, en effet, insuffisamment ressentie, exprimée, partagée et déployée.
      Pourquoi ?
      Parce qu’on ne sait plus qu’elle existe alors qu’elle peut être au fond du nous, si on s’arrête un peu de courrir et qu’on regarde autour.
      Oui, regardons autour et en nous, ce nous, succession de moi, qui sont tous un potentiel d’amour, de don, d’écoute, d’encouragements, de confiance.
      Tous ces termes ne sont pas si codés en fait … Ils sont humains non ?
      Alors au boulot. Testons tout cela qui est en nous et on s’en reparle dans une semaine ?
      Et puis la liste est ouverte, à vous !

      Inès

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