Idées (égo)centristes

thecentrelogoAyant gentiment été taggé dans un très bon article de Nystagmus, je dois me résoudre à me replonger quelques instants dans un domaine qui déchaîne bien des passions : la politique. Je dis bien me résoudre car j’ai une fâcheuse tendance, en ce moment surtout, à situer certains débats qui agitent les hautes sphères au niveau des meilleures discussions des heures glorieuses de Loft Story : des amalgames à la pelle, du sentimentalisme en veux-tu en voilà, et une démagogie qui semble être devenue le premier atout de nombreux hommes et femmes politiques. Mais bon, arrêtons nous là dans la critique permanente du politique qui n’a rien de très original dans notre pays. Revenons à la question centrale et centriste : Et moi, où suis-je donc situé ?

Comme le faisait très justement remarquer un talentueux blogueur, on est toujours situé à droite de quelqu’un et à gauche d’un autre, en fait le seul vrai centriste c’est moi… ou bien toi qui me lis. Si on part de ce principe, Bayrou est tout aussi centriste que Marine Le Pen ou Olivier Besancenot. J’ai toujours détesté qu’on me mette dans une case, politique ou autre et je met souvent un point d’honneur à détruire la jolie réputation qu’on me construit. Le « Chrétien Social » en prend pour son grade quand on commence à parler libéralisme économique et bioéthique mais le « jeune catholique nationaliste ultra-conservateur » disparaît souvent à coup de pintes de bières et de blagues avec le premier inconnu. La convivialité n’a que faire du bord politique, le respect et l’aide au plus faible n’appartient à aucun parti politique, il est un devoir individuel et universel. Voila pourquoi si le « centre  » est une nébuleuse qui rassemble les « inclassables » je suis sans doute un ultra-centristes. Malheureusement, pour beaucoup, certaines de mes idées me propulsent directement à la droite du Père… Sarkozy voir Le Pen (oui je sais on ne peut plus dire le père le Pen c’est la fille maintenant…). Que retrouve-t-on chez moi ?

Une valeur : La liberté d’expression. Un beau combat de la gauche libertaire me direz-vous… Ou pas. Qui peut dire en France qu’il est opposé à l’avortement ? Remettre en cause son statut de « droit de la femme » sans être immédiatement taxé de fasciste et de sans coeur ? Qui peut encore publier des recherches et des hypothèses sur la Shoah sans être cloué au pilori pour négationnisme ? Paradoxalement, dans un monde où la liberté est la valeur suprême, la parole publique autorisée n’a jamais été aussi simpliste et dogmatique. La libre parole n’existe qu’une fois passée par le filtre du bon sentiment et de « l’imprimatur » médiatique voir juridique (lois mémorielles). En privant de la liberté d’expression certaines personnes, même dangereuses, on s’expose à leur victimisation qui est une puissante arme médiatique (se déclarer « minorité victime de discriminations » est une technique très au point en France et permet de justifier à peu près n’importe quoi). Quand le statut de victime a échoué, restent Internet et la clandestinité, deux lieux qui échappent alors à toute surveillance. Donner la parole à un groupuscule d’extrême droite est bien moins dangereux que de l’obliger à devenir clandestin (le ridicule ne tue pas, la batte de baseball si…). Appliquez-ça à n’importe quel groupe qui vous semble dangereux, la parole dérange et révèle les idées (ou l’absence d’idées) mais la clandestinité engendre violences et abus.

Un combat : La destruction du mythe de la transparence. Non, connaître la vie privée de Monsieur Sarkozy ou savoir la taille de l’appartement de Monsieur Borloo ne m’intéresse pas, je dirais même que je m’en fous royalement (pardonnez ma grossièreté passagère). Je signale juste au passage que quand un homme politique s’occupe de son image privée, de la vente de ses appartements trop grands selon la vindicte populaire et de son train de vie soi-disant indécent (suivant que l’on soit footballeur, chef d’entreprise ou député le seuil d’indécence est d’ailleurs situé à des niveaux très éloignés); il ne s’occupe pas des dossiers qui pourraient vous concerner. Ce voyeurisme permanent est un véritable appel à la démagogie des politiques. Je me désole de voir des députés et des journalistes débattre durant des heures du coût de l’avion présidentiel, de la garden party ou des primes de Christine Boutin. En ouvrant Le Monde ou Le Figaro, on tombe sur Closer… J’ai la naïveté de croire que l’homme politique n’est pas pire que n’importe quel français, ses pratiques appartiennent à sa conscience et à la justice si il le faut.

Un désir : le respect de chaque personne humaine. Oui ça fait un peu redondant mais je crois que c’est ce qui me tient le plus à coeur aujourd’hui. Qui sommes-nous pour décider d’abréger une vie ou d’en empêcher le développement ? Pourquoi y-a-t-il encore dans les rues de nos villes des gens qui meurent de froid au pied d’immeubles inoccupés ? Quand arrêtera-t-on de nous dicter des attitudes et des tenues au nom d’un « respect » ou d’une « laïcité » qui en sont les contraires ? Quand réfléchira t-on à un moyen de rendre les pauvres plus riches et non les riches plus pauvres dans notre pays ? Qui fondera un jour un lobby international puissant pour la paix ?

Vous l’avez compris, le temps n’est plus aux pratiques nombrilesques mais à l’écoute de l’autre,  de ses idées et de ses projets. Ma conviction, mon « centre » à moi, c’est le bien commun c’est à dire non pas soumettre l’intérêt individuel à l’intérêt public mais mettre volontairement mon intérêt individuel au service des autres. Vaste programme…

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A propos legambrinus

Buveur de bière extrémiste, Optimiste intégriste, Terroriste Papiste... et plus si affinité
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3 commentaires pour Idées (égo)centristes

  1. pourquoisecompliquerlavie dit :

    Bravo à vous.

    Si ça, c’est le centre, alors je suis centriste. Oui, mais voilà ….

    En France, le centre n’est pas cela.

  2. Ségo dit :

    J’aime beaucoup!

    Ici, on a renoncé à accorder tout crédit – voire attention, sauf quand nécessité s’en fait sentir (flûte! je dois voter..) – à la vie politique, tant ses vues me semblent étriquées et ubuesques..

    Me dis même parfois que la seule « action communautaire » dans laquelle il vaille le coup de s’impliquer, la seule dont la portée du message me paraisse illimitée, et à qui, me semble-t-il, je puisse accorder un crédit ferme – demeure notre bonne vieille Eglise. Catho-centrisme quand tu nous tiens!
    Mais cette dernière nous invite justement à ne pas rester au chaud entre ses (saints) murs, et nous renvoie le plus souvent au monde – bon. Dommage, on y était plutôt bien!

    Ce point de vue que tu développes, Gambrinus (désolée, je me suis mise à te tutoyer sur la toile facebookienne..tu permets que j’étende cette insolente familiarité ici?), me redonne un peu l’envie de le faire sans être trop blasée.
    Merci d’entretenir mon optimisme! voire..qui sait..mon espérance?

  3. Hélas, le centre, loin de faire une synthèse intelligente de la droite et de la gauche, semble souvent réduit une accumulation de compromis boiteux et de compromissions vérolées… En vieil imbécile, il m’apparaît que les seules réflexions originales (originales dans les deux sens du terme : inhabituelles certes, mais aussi allant à l’origine, au cœur des sujets) viennent hélas des extrêmes. Des pépites au milieu des horreurs… Il y a des bonnes choses dans l’extrême droite : la valeur du travail, de l’honnêteté, du courage ; la reconnaissance de la liberté d’entreprendre ; l’importance du passé, de l’histoire… et il y a des bonnes choses dans l’extrême gauche : le souci de la correction des inégalités, de l’intégration des exclus ; la reconnaissance de la nécessité d’un état fort pour lutter contre la propension de l’homme à se servir en premier ; la nécessité de remettre les choses à plat, d’aller de l’avant… Finalement, l’extrême droite, c’est un peu la valorisation des qualités de l’homme (au détriment inacceptable de ses faiblesses et des faibles), tandis que l’extrême gauche serait la valorisation des faiblesses de l’homme (au détriment inacceptable de ses qualités)… Or les deux sont indispensables ! On devrait toujours être dans le ET, pas dans le OU, et surtout pas dans le « juste » milieu qui me paraît de plus en plus détestable…
    Mais, évidemment, si le centre est le respect – peut-être à préciser d’ailleurs, la notion de respect… vouloir le bien de l’autre ? – de chaque personne humaine, je tourne casaque, et me convertis à ce centre qui deviendrait dès lors l’origine…

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